Patois de Chevenez

Jeanne « Jeannette » Crelier (‑Nicoulin, 06.06.1933)

Enquête à Chevenez les 15 et 21 novembre 2025 (92 ans).

Jeanne n’a jamais quitté son village d’origine, Chevenez, qu’elle aime profondément. Elle a d’abord travaillé dans une usine de pierre fine avant de se consacrer, après son mariage, au commerce de vin.

Ses parents ne parlaient français qu’avec les gens qu’ils ne connaissaient pas. Ainsi, Jeanne a toujours baigné dans le patois, bien qu’elle leur répondît en français. Elle a plus tard fait partie de l’Amicale des patoisants d’Ajoie, où elle chanté et joué des pièces de théâtre.

Joseph Beuret (14.02.1927)

Enquête à Delémont les 11 avril et 17 octobre 2025 (98 ans).

Joseph, originaire de Soubey, a vécu à Chevenez jusqu’à ses 24 ans, où il était sellier-tapissier. Il a ensuite déménagé à Delémont pour exercer le métier de policier.

Il a appris le patois surtout avec sa grand-mère et ses voisins dont il gardait les bêtes, qui ne parlaient pour ainsi dire que patois.

Joseph, Joseph Beuret. Eh bien, je suis né le 14 février 1927 à Chevenez. J’avais douze ans que j’allais travailler chez deux voisins, c’étaient… deux frères, et puis il y avait du travail pour un gosse de douze ans : je pouvais déjà m’occuper des chevaux, râteler quand on chargeait le foin et puis garder quatre vaches l’automne. Et puis là, ils parlaient, on peut dire, tout patois. Quand ils parlaient de moi avec mon père…, ils disaient : « notre petit Joseph », et puis mon père disait : « ouais mais, je crois que c’est encore le nôtre ! » Il y avait la grand-mère qui parlait tout patois.