Qui parle encore patois en 2025 ?
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Patois d’Asuel
Odette Frund (‑Pape, 17.04.1937)
Enquête à Bourrignon le 29 mars 2025 (87 ans).
Si elle a vécu ses dix premières années dans sa commune d’origine, Asuel, Odette s’installe à Bourrignon à la suite du remariage de son père. Elle n’a jamais quitté le village depuis, où elle a été agricultrice et restauratrice.

Elle conversait en patois avec son père et a entendu ses grands-parents le parler. Il lui arrive aujourd’hui de l’utiliser avec des contemporains « pour déconner ».
Je m’appelle Odette Frund, mon nom de jeune fille, c’est Pape, et puis j’habite à Bourrignon. Je viens d’Asuel, j’ai parlé patois avec mes grands-parents et mon père. -
Patois d’Épauvillers
Francis Borne (06.01.1938)
Enquête à Montenol le 18 octobre 2025 (87 ans)
Francis a grandi à la ferme de Chez le Chat (Épauvillers) avant de s’installer à Montenol. Il y était agriculteur.

Son père ne s’est jamais adressé à lui qu’en patois, langue qu’il n’a plus eu l’occasion de pratiquer depuis le décès de celui-ci.
Je m’appelle Francis, je suis né en 1938. Je viens de « Villers », d’Épauvillers, je parle le patois de « Villers ». J’ai appris le patois avec mon père, il parlait presque tout en patois. -
Patois de Berlincourt
Pierre Gogniat → Les Genevez
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Patois de Bourrignon
Hubert Ackermann (16.02.1949)
Enquête à Pleigne le 6 janvier 2025 (75 ans).
D’une famille de Mümliswil (SO) établie dans le Jura depuis le xviie siècle, Hubert a grandi à Bourrignon. Il a ensuite emménagé à Pleigne, où il était instituteur du village. Il a été également officier d’état civil et politicien.

Il ne parlait pas patois à la maison, mais l’a entendu dans la ferme-restaurant de ses grands-parents de Bourrignon, où ces derniers et leurs clients âgés ne parlaient que patois. Il a commencé à le pratiquer en tant que metteur en scène de pièces de théâtre en patois à Pleigne ainsi que président de la fête fédérale des patois. Le patois est pour lui avant tout une ambiance et une langue de l’amusement.
Je m’appelle Hubert Ackermann, je viens de Bourrignon dans le canton du Jura, j’ai septante-cinq ans – c’est vieux hein déjà ! Je suis à Pleigne depuis cinquante ans, j’étais le régent du village, j’avais – des élèves de dix à quinze ans, une trentaine. J’ai aimé mon métier. J’ai essayé – j’ai fait aussi – tout plein de politique, j’ai été maire du village, aussi député, président du Parlement jurassien. J’ai été aussi écrivain, officier de l’état civil, j’ai marié bien des gens. J’ai – qu’est-ce que j’ai encore fait – j’ai une famille avec quatre garçons et maintenant onze – petits-enfants, six filles et cinq garçons. Je n’en ai aucun dans le Jura, ils sont tous dans ce canton de Vaud, Neuchâtel ou bien Berne. Ils viennent souvent en vacances, pour notre plaisir. Ma femme s’appelle Suzanne et puis c’est une excellente cuisinière, j’ai eu beaucoup de chance avec elle et puis je vais poursuivre dans le dernier quart de ma vie avec la paix, la santé et puis le plaisir de rencontrer des gens. Ah, j’ai appris le patois avec mes grands-parents qui parlent le patois entre eux, tout plein. Mais j’ai aussi beaucoup de plaisir dans la famille, avec ma grand-mère, avec mon grand-père, et puis – je suis quelqu’un de convivial, j’aime parler, j’aime rencontrer des gens, je ne peux me replier sur moi. Donc, quelqu’un qui me parle patois, je lui réponds en patois, quelqu’un qui me parle en allemand, je lui réponds, si je peux, en allemand. Je veux – je trouve que – quelque langue que l’on parle, il faut parler, il faut rencontrer les autres. Et puis cela, toutes générations confondues. Donc – c’est mon plaisir, moi, de partager. -
Patois de Buix
Pascal Müller (24.10.1951)
Enquête à Buix le 16 mai 2025 (73 ans).
Originaire de Schlierbach (LU) et né à Boncourt, il passe beaucoup de temps chez ses grands-parents à Buix. Il emménage plus tard à Lausanne puis Savigny (VD) où il a enseigné la biologie et un peu d’allemand. Il a regagné la commune de Buix pour sa retraite.

Il communiquait en patois avec ses grands-parents maternels et sa mère de Buix, ainsi qu’avec son voisin à Savigny, qui avait grandi à Boncourt.
Je m’appelle Pascal Müller, je viens de Boncourt. J’ai travaillé quarante ans à Lausanne. Maintenant, j’habite à Buix, dans la maison de ma grand-mère, avec ma femme. Nous avons deux enfants, un à Boncourt, l’autre à Buix, une dans le canton de Vaud et puis encore un garçon dans le canton de Vaud. J’ai appris le patois avec mon grand-père, ma grand-mère, qui venaient chez nous tous les soirs regarder la télévision et puis ils parlent avec ma mère. Mon père ne savait pas tant le patois, mais ma mère et puis ma grand-mère le parlaient beaucoup. Mes grands-parents venaient de Buix. J’ai connu des gens qui ne parlaient que patois : la Marie de Montenol, elle venait du Mairâ (c’est un hameau là), et puis elle a marié le facteur de Montenol, elle ne parlait que patois. Puis les sœurs de ma grand-mère, elles commençaient les phrases en français mais elles finissaient toujours en patois : elles ne pouvaient pas faire une phrase complète en français. -
Patois de Bure
Michel « Gros de Bure » Étique (15.02.1955)
Enquête à Bure le 19 octobre 2025 (70 ans).
Michel a toujours vécu à Bure, commune dont il est originaire. Il a travaillé pour la poste.

Il a appris le patois à la maison : ses deux parents parlaient patois entre eux et avec leurs enfants ; son père s’exprimait même peu en français. Il a plus tard eu l’occasion de participer à des pièces de théâtre et de chanter en patois.
Je m’appelle Michel Étique, je viens de Bure et puis j’ai appris le patois avec mes parents. Mon… père parlait rien que le patois ; moi…, j’ai toujours répondu en français, mais mon père ne parlait rien que patois. Ma mère, avec nous, les enfants, elle parlait en français, et droit quand elle était fâchée, elle parlait en patois. Charly Guélat (16.01.1931)
Enquête à Delémont le 11 avril 2025 (94 ans).
Charly a grandi au Mairâ (Buix), puis à Bure, commune dont il est originaire. Il a été agriculteur avant de déménager à Delémont en 1968, où il est devenu employé de la caisse maladie.

Il n’a jamais parlé que le patois avec son père et son grand-père, et l’a même transmis à ses enfants lors de sorties au jardin ou en forêt. Il a été membre de l’amicale vadaise, où il a fait partie de la chorale et de la troupe de théâtre.
Guélat, Charly. Je viens de Bure. J’étais paysan ; un accident m’a arrêté mon métier, j’ai dû aller à l’école à trente ans. Après, je suis tombé – sur l’AI. L’AI, il s’est occupé de moi et puis il m’a trouvé une place à la caisse maladie, la CSS à Delémont, j’ai déménagé à Delémont. J’ai appris à parler en patois avec mes parents, de les écouter ! -
Patois de Châtillon
Denise Villat-Crétin → Soulce
André Chalverat (10.06.1926)
Enquête à Châtillon le 29 mars 2025 (98 ans).
Originaire de Châtillon, village qu’il n’a jamais quitté, André a été agriculteur.

Si ses parents parlaient patois entre eux et n’utilisaient, par exemple, que des termes dialectaux pour dénommer les outils, André dit n’avoir que peu discuté avec eux. C’est plutôt avec des voisins qu’il a conversé. Il a plus tard participé également à des rencontres de composition en patois.
Je m’appelle André – Chalverat, je suis né à Châtillon dans une grosse famille de quinze enfants. J’ai fait l’école à Châtillon – j’ai fait un petit peu à l’école secondaire et puis après, eh bien ma foi, j’ai fait l’école d’agriculture, j’ai fait le service, nous nous sommes mariés, nous avons fait une famille et puis nous sommes encore ici maintenant, voilà. Comment je l’ai appris, d’entendre mes parents et puis j’ai beaucoup travaillé avec des vieux moi, ouais, voilà pourquoi je sais bien tout plein de choses. -
Patois de Chevenez
Jeanne « Jeannette » Crelier (‑Nicoulin, 06.06.1933)
Enquête à Chevenez les 15 et 21 novembre 2025 (92 ans).
Jeanne n’a jamais quitté son village d’origine, Chevenez, qu’elle aime profondément. Elle a d’abord travaillé dans une usine de pierre fine avant de se consacrer, après son mariage, au commerce de vin.

Ses parents ne parlaient français qu’avec les gens qu’ils ne connaissaient pas. Ainsi, Jeanne a toujours baigné dans le patois, bien qu’elle leur répondît en français. Elle a plus tard fait partie de l’Amicale des patoisants d’Ajoie, où elle chanté et joué des pièces de théâtre.
Joseph Beuret (14.02.1927)
Enquête à Delémont les 11 avril et 17 octobre 2025 (98 ans).
Joseph, originaire de Soubey, a vécu à Chevenez jusqu’à ses 24 ans, où il était sellier-tapissier. Il a ensuite déménagé à Delémont pour exercer le métier de policier.

Il a appris le patois surtout avec sa grand-mère et ses voisins dont il gardait les bêtes, qui ne parlaient pour ainsi dire que patois.
Joseph, Joseph Beuret. Eh bien, je suis né le 14 février 1927 à Chevenez. J’avais douze ans que j’allais travailler chez deux voisins, c’étaient… deux frères, et puis il y avait du travail pour un gosse de douze ans : je pouvais déjà m’occuper des chevaux, râteler quand on chargeait le foin et puis garder quatre vaches l’automne. Et puis là, ils parlaient, on peut dire, tout patois. Quand ils parlaient de moi avec mon père…, ils disaient : « notre petit Joseph », et puis mon père disait : « ouais mais, je crois que c’est encore le nôtre ! » Il y avait la grand-mère qui parlait tout patois. -
Patois de Cœuve
Benoît Choffat (21.06.1953)
Enquête le 24 octobre 2025 à Cœuve (72 ans).
Benoît est né à Cœuve, sa commune d’origine, qu’il n’a quittée qu’une petite dizaine d’années pour Dornach (SO) dans le cadre de son métier de facteur.

Ses parents parlaient patois entre eux et avec les autres paysans du village. C’est pourtant plus tard, dans le cadre de son école de recrue à Colombier (NE) avec d’autres Ajoulots, puis avec son beau-père du Mairâ (Buix) qu’il a réellement commencé à le pratiquer. Il a également fait partie de l’Amicale des patoisants d’Ajoie et du Clos-du-Doubs pendant plus de trente ans, où il a joué de nombreuses pièces de théâtre et chanté dans la chorale qu’il a même parfois dirigée.
Je m’appelle Benoît Choffat, dit le Milat (« l’Émile ») – ça, ça vient du théâtre –, et puis j’habite à Cœuve et puis j’ai appris le patois avec les vieilles, les plus vieilles gens : mes parents, mon beau-père surtout, et puis après avec des connaissances à l’armée et puis avec les patoisants, l’amicale des patoisants d’Ajoie et puis du Clos du Doubs. Gilbert « Pache » Chavanne (25.08.1954)
Enquête à Grandfontaine le 20 juin 2025 (70 ans).
Gilbert quitte Cœuve, sa commune d’origine, à 21 ans pour rejoindre Grandfontaine, où il habite depuis. Il a travaillé dans le domaine de l’horlogerie et sur les chantiers.

Son grand-père ne parlait que patois et ses parents utilisaient le dialecte pour que leurs enfants ne les comprennent pas. Aujourd’hui, Gilbert est membre de l’amicale ajoulote, chante dans leur chorale et a participé à plusieurs pièces de théâtre. Il lui arrive encore d’échanger en patois avec des voisins ou des amis.
Donc voilà je m’appelle Gilbert Chavanne, je suis de 54. J’ai fait toutes mes écoles à Cœuve et puis j’ai commencé d’apprendre le patois avec mon grand-père qui ne parlait que le patois, et puis c’est ainsi que l’oreille s’est formée. Et puis à la maison quand mes parents voulaient dire quelque chose pour qu’on… qu’on n’entende pas ou qu’on ne comprenne pas, ils parlaient en patois. Mais bien sûr qu’après quelques fois qu’ils disaient, quand tu es jeune, tu apprends vite les langues, et puis nous avons vite su ce qu’ils disaient sur nous ! C’est ainsi que nous avons appris le patois. Puis après j’ai – été – quelques années que je ne parlais quasiment plus le patois parce quand t’es jeune te ne voulais pas te faire passer pour un ahuri, pour un fou quoi, tu ne parles plus le patois. Puis après c’est revenu quand j’ai commencé avec la chorale des patoisants, alors là, c’est là que j’ai fait – un gros saut pour rappendre le patois. Parce que pour parler le patois presque comme il faut maintenant il n’y a plus beaucoup de monde, ça c’est vrai. Mais pour le parler un peu, eh bien il faut le parler beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Si tu arrêtes de le parler – six mois, tu as du mal de le rappendre. Mais cela revient, cela revient, tout doucement, mais voilà quoi. Alors voilà un petit peu comment est-ce que j’ai appris le patois. Bon, c’est vrai que j’ai déjà quelques années mais je l’ai appris sur le tas, quoi. Je me rappelle, mes parents disaient que les élèves dans les années 35 – 40, ils allaient à l’école, ils ne savaient pas, les enfants ne savaient pas le français, ils parlaient tout en patois ! Et puis, ils se faisaient taper sur les doigts, parce qu’il fallait parler français à… à l’école ! Et puis, c’est dommage parce que cette langue a été bannie, a été mise de côté, il ne faut plus parler patois, maintenant c’est le français, puis c’est le français, puis – de ce côté-là, je pense que nous avons perdu beaucoup de gens qui parlaient patois, voilà. -
Patois de Corban
Étienne Joliat (06.09.1932)
Enquête à Courrendlin le 12 juin 2025 (92 ans).
Bien qu’il soit originaire de Courtételle et qu’il ait passé la majeure partie de sa vie à Courrendlin, où il était maitre secondaire, Étienne est né et a grandi à Corban. Il parle couramment l’allemand et l’italien et a des bases en anglais.

Son père était de Corban, sa mère de Courtételle : ils parlaient patois entre eux et avec leurs enfants, mais ces derniers répondaient en français.
Euh ben je suis l’Étienne Joliat, je suis né à Corban dans le Val Terbi. J’ai vécu là pendant une dizaine d’années et puis après je suis parti à l’institut – je suis parti pour faire mes études, j’ai fait ma maturité en allemand. Et puis après j’ai été à l’université… à Neuchâtel et puis à Berne et puis après j’ai été aussi en Italie et puis en… j’ai été aussi en Allemagne, à Heidelberg et puis j’ai été un peu en Angleterre. Et puis après je suis venu ici à Courrendlin et j’ai enseigné à l’école secondaire pendant trente-cinq ans. Et puis, ma foi, voilà, maintenant, je suis à la retraite et puis je suis encore en bonne santé. J’aime encore tout plein… toutes les choses, je m’intéresse à tant de choses. Tout ce qui me tombe sous les yeux, eh ben, cela me fait plaisir. Et puis j’aime encore apprendre bien des choses et puis je vois que je ne sais plus grand-chose. Mon père était de Corban, ma mère venait de Courtételle. Moi, avec mes parents, comme je vous ai dit ce matin, mes parents me parlaient en patois, mais nous répondions en français. Je n’ai jamais dit… je ne me souviens pas que j’ai dit un mot en patois à mes parents. C’était comme ça hein. Et puis après, il faut dire quand même que le patois a été beaucoup… condamné. Jusqu’à …, il a été condamné à l’école : ceux qui parlaient patois à l’école, ils étaient punis ! Mais il y avait, moi j’ai… encore des parents, des cousins… qui ne savaient pas le français… quand ils sont allés à l’école : au Mairâ, ils n’ont pas su… ils savaient le patois, mais il ne savait pas un mot de… français ! -
Patois de Courchapoix
Denis Frund (22.05.1943)
Enquête à Pleigne le 6 janvier 2025 (81 ans).
Denis est né à Courchapoix, son lieu d’origine, qu’il quitte à son mariage pour Rossemaison et Delémont. En tant qu’enseignant, il a de bonnes notions d’allemand et d’anglais.

Il a entendu le patois auprès de sa famille de Courchapoix et des ainés du village, puis de sa belle-famille de Damphreux. Il a commencé à l’apprendre et le pratiquer sérieusement en tant que chef de chœur et membre d’amicale. Il est très investi dans la conservation de cette langue.
Je m’appelle Denis, et puis j’ai eu bien du plaisir de parler avec vous aujourd’hui. Et puis cela fait beaucoup de temps que je parle le patois, mais il y a plein de trous dans ce patois. J’ai appris le patois avec mes parents, mes grands-parents, avec les gens du village, surtout les vieilles gens du village – le village de Courchapoix bien sûr, de Courchapoix dans le Val Terbi ou bien la Terre sainte, que vous connaissez peut-être. Et puis voilà, et puis je vous ai dit avant, j’ai appris avec mon père parce que quand j’allais lui aider à faire – le maçon (il était maçonneur, alors, je lui aidais, je lui aidais, je lui aidais du temps des – des congés, il me payait mieux que si j’étais berger), quand il voulait que je fasse quelque chose, je lui ai dit : « Tu me parles en patois, sans cela, je ne fais rien. » Alors, il me disait : « Va voir chercher une planche de deux mètres », alors, je bougeais pas. Puis après quand il me le disait en patois : « Va chercher une planche de deux mètres », eh bien alors, là, j’y allais ! -
Patois de Courtavon (F)
Jean Babé (21.02.1937)
Enquête à Banvillars (Territoire de Belfort) les 1er et 27 mai 2025 (88 ans).
Sauf durant la guerre, où il a été déporté entre Ulm et le lac de Constance, Jean a passé son enfance à Courtavon (Haut-Rhin, France). Il a ensuite vécu à Seppois, Belfort, puis Banvillars. Il était employé du bureau des méthodes chez Peugeot. Par son métier, il a quelques bases d’allemand et d’alsacien « d’atelier ».

Ses parents et de nombreux habitants de son village de Courtavon parlaient entre eux et il se souvient avoir conversé avec ses tantes. Il a également fait partie d’une amicale de patoisants à Montreux-Jeune.
Jean Babé. Qui est-ce que je suis ? J’ai vu le jour en 1937 à Courtavon, que j’ai quitté à vingt ans pour partir de l’autre côté de la mer, dans un pays du soleil couchant. Ensuite, j’ai fait toute ma carrière dans l’industrie. Bien que très tôt loin de mon village, je n’ai jamais oublié mon Courtavon, duquel je vais vous dire quelques mots. Après la guerre de 1870, le kaiser a mis sa patte sur l’Alsace et, ainsi, sur Courtavon, qui est devenu Ottendorf. Alors, à l’école, il a fallu apprendre, parler allemand. Mais, les gens du village, ils continuaient à parler leur patois, le même que celui des Ajoulots : c’est, comme on peut dire, un langage sans frontière. Comment que j’ai appris le patois ? Mais, le patois, c’est ce que j’ai entendu en premier ! Ma mère ne me parlait pas en patois, mon père non plus, mais eux, eux, toujours les gens du village, qui parlaient patois, un que voulait avoir des nouvelles de son porc, de sa vache, ou bien aller travailler dans les champs, faire les foins, c’est comme cela que j’ai entendu. Je crois bien que même le coq chantait en patois chez nous ! -
Patois de Courtételle
Sylviane Humair (‑Schaffter, 10.06.1952)
Enquête à Fornet-Dessus (Lajoux) le 5 janvier 2025 (72 ans).
Originaire de Soulce, Sylviane est née dans la commune et ne l’a quittée pour les Genevez qu’à son mariage. Elle a été couturière.

Elle a parlé patois avant tout lors de son apprentissage à Courtételle, bien qu’elle ait également échangé quelques phrases avec ses parents de Soulce. C’est principalement lors de ses rencontres avec ses amis qu’elle pratiquait le patois, ce qu’elle continue à faire volontiers aujourd’hui dans le cadre d’amicales ou de pièces de théâtre.
Je m’appelle Sylviane Humair, Humair-Schaffter, je viens de Soulce, et puis après j’ai marié un homme et puis je suis venu aux – aux Genevez avec lui. Et puis je parle le patois, non pas tous les jours hein, mais je fais beaucoup de discussions en patois. -
Patois de Damphreux
Denis Frund → Courchapoix
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Patois de Fontenais
Georges « Dodlet » Lièvre (17.10.1941)
Enquête à Fontenais le 31 mai 2025 (83 ans).
Georges a toujours vécu à Fontenais, sa commune d’origine. Il était paysan.

Tout comme son père, Georges parlait patois avec ses contemporains. Avec plus de 40 ans d’activité, il est le plus ancien membre actuel du chœur de l’amicale ajoulote. Il a également participé à quelques pièces de théâtre à son entrée dans l’association.
Je m’appelle Georges Lièvre, mon sobriquet c’est Dodlet, j’habite à Fontenais. Et puis j’ai appris le patois avec mon père et puis les gens de son âge quand j’étais petit parce qu’ils parlaient tout patois. -
Patois de Grandfontaine
Albert Petitat (28.10.1939)
Enquête à Porrentruy le 18 octobre 2025 (85 ans).
Originaire de Grandfontaine, où il est né, Albert a ensuite habité Moutier, Neuchâtel, Zurich puis Porrentruy. Il a travaillé pour la poste.

S’il a entendu le patois durant sa jeunesse, c’est surtout à l’âge de 20 ans qu’il s’est mis à le pratiquer. En effet, lui et ses collègues de Haute-Ajoie travaillant à Bienne se sentaient défavorisés par rapport aux Alémaniques qui pouvaient parler en dialecte sans être compris des Romands. Plus récemment, il a fait partie de troupes de théâtre et de chorales patoisantes et le parle aujourd’hui encore avec sa compagne.
Je m’appelle Albert Petitat, je suis venu au monde à Grandfontaine. J’ai fait pour ma carrière à la poste et puis quand j’avais à peu près entre – qu’est-ce que je vais dire – entre 20 et 25 ans, je me suis retrouvé à Bienne avec des autres, des connaissances ajoulotes. Nous étions… cinq-six Ajoulots qui… nous ne savions pas le bon allemand, n’avions pas trop parlé l’allemand… Surtout que ces Suisses allemands, eux, ils parlaient tout leur dialecte. Alors, nous nous sommes pris au jeu de dire : « nous allons faire comme eux, nous allons parler notre patois, vu qu’eux, ils parlent le leur. » Et puis c’est ainsi qu’ensemble, eh bien, nous avons pris plaisir à parler patois. -
Patois de Lajoux
Agnès Surdez (14.01.1956)
Enquête à Lajoux le 17 février 2025 (69 ans).
Originaire du Peuchapatte (Muriaux), Agnès grandit au Peu-Girard (Les Breuleux) puis déménage dans la Courtine. Elle a été institutrice et a également enseigné le patois, activité qu’elle continue à pratiquer avec engouement. Elle parle également allemand et espagnol.

Bien qu’elle conserve quelques souvenirs du patois de sa mère durant sa jeunesse, son intérêt pour cette langue s’est éveillé en 1992, à l’occasion d’un passage dans les écoles de quelques locuteurs et locutrices. Elle a ensuite appris le parler de la Courtine auprès de Norbert Brahier et de sa mère afin de le transmettre aux enfants de la région.
Eh bien, je m’appelle Agnès Surdez – je viens d’une ferme du Peu-Girard – dans la commune des Breuleux – et puis je parle le – j’ai appris le patois un peu tard – en dix-neuf cent nonante-deux avec ma mère qui parlait le patois de la Courtine et puis le Norbert Brahier qui parlait aussi le patois de la Courtine. Alors – j’ai appris un peu le patois et puis maintenant, je donne des cours de patois à l’école. Danielle Miserez (‑Miserez, 02.10.1943)
Enquête à Lajoux les 4 et 5 janvier 2025 (81 ans). Enquête complémentaire le 19 octobre 2025.
Originaire de Lajoux, Danielle a également habité à Genève, à Zurich et au Noirmont. Formée comme employée de commerce, elle a avant tout consacré sa vie à sa famille et à divers travaux associatifs. Elle parle également l’allemand et le suisse allemand.

Si elle se souvient entendre ses grands-parents de Lajoux parler le patois, on lui a longtemps dit que cette langue ne lui apporterait rien et qu’elle devait se concentrer sur la bonne pratique du français. C’est seulement depuis l’âge de 40 ans qu’elle s’est mise à apprendre à l’écrire et le parler. Elle se sent comme missionnée de permettre la diffusion et la conservation de cette langue de cœur et d’autrefois.
Eh bien, je m’appelle Danielle Miserez, je viens de Lajoux dans la Courtine de Bellelay. Cela fait que je parle le patois de Moutier, parce que nous avons toujours été du côté de Moutier – du temps du canton de Berne, et puis ce n’est pas le patois taignon, c’est un peu le vadais, mais c’est surtout le patois – du côté de Moutier. Je l’ai appris en entendant les vieilles gens. Il y avait chez moi mes deux grands-parents, qui parlaient entre eux tout patois, mais à moi ils m’ont toujours parlé français. Mes parents m’ont jamais parlé patois, mais je l’ai entendu de mes deux grands-parents avec – encore – d’autres gens de leur âge qui venaient et puis qui parlaient entre eux et puis de choses de politique, de toutes sortes de choses et puis moi j’écoutais cela. -
Patois de Levoncourt (F)
René Humbert (31.03.1947)
Enquête à Levoncourt (Haut-Rhin) le 20 octobre 2025 (78 ans).
…

…
Je m’appelle… Humbert, René. Je l’ai appris avec mes grands-parents – les parents de mon père puis de ma mère, [mes] parents de Levoncourt. Leurs parents viennent de Courtedoux, du côté de… ma mère. Mon père, ils venaient du canton de Soleure. -
Patois de Montavon
Maurice Montavon (02.10.1937)
Enquête à Montavon (Boécourt) les 14 et 15 avril 2025 (87 ans).
Enfant de Montavon, Maurice n’a quitté le village que pour s’occuper de son garage à Develier. Il est également, par passion, créateur de la Crèche de Montavon.

Il a entendu ses parents, ses grands-parents et ses voisins parler patois, mais n’a jamais fait partie d’associations patoisantes.
Maurice Montavon. Eh bien, je viens – de Montavon – un petit village – du Jura. J’ai appris le patois – ils parlaient en patois autour de moi ! C’est – en l’entendant parler que j’ai appris – un peu le patois. -
Patois de Pleigne
Blaise Guenat (18.01.1950)
Enquête à Pleigne le 28 mars 2025 (75 ans).
Blaise est né à Pleigne, sa commune d’origine, qu’il n’a quittée que trois ans pour Bienne. Il était employé postal.

Il a conversé en patois avec ses parents, ses oncles et tantes ainsi que ses voisins, et il a participé une fois à une pièce de théâtre.
Je m’appelle Blaise Guenat, je viens de Pleigne. J’ai parlé patois avec mes parents, mes beaux-parents, mes oncles, mes tantes, voilà. -
Patois de Pleujouse
Jean-Pierre Gindrat (18.08.1953)
Enquête à Pleujouse le 29 mai 2025 (71 ans).
Buraliste postal, Jean-Pierre n’a jamais quitté son village d’origine, Pleujouse. Il a aussi été maire de la commune. Comme de jeunes Suisses allemands venaient se former chez sa grand-mère, il connait un peu leur langue.

Il se souvient que les adultes parlaient patois entre eux et avec son père lors de son enfance. C’est ensuite en exerçant sa profession de facteur qu’il a pu user le plus de cette langue qu’il parlait tous les jours avec ses clients et clientes.
Je m’appelle Jean-Pierre Gindrat, j’ai septante-deux ans, j’habite à Pleujouse, j’ai été facteur. J’ai toujours parlé beaucoup le patois avec les vieux du village et puis c’est avec eux que j’ai appris le patois. 
Bien que son épouse Jacinthe Gindrat (‑Monnerat, 06.05.1957), également de Pleujouse, sache moins bien le patois que lui, ses remarques sur la conjugaison et le vocabulaire, dignes de l’enseignante qu’elle était, ont su guider Jean-Pierre durant l’entretien.
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Patois de Ravines
Denis Tschann (31.08.1951)
Enquête à Ravines (Montmelon) le 27 mars 2025 (73 ans). Enquête complémentaire le 20 novembre 2025.
Denis, agriculteur, a toujours vécu à Ravines, dans sa commune d’origine.

Toute sa famille et les ouvriers de la ferme conversaient en patois : il dit avoir appris le patois avant le français. Aujourd’hui, bien qu’il n’ait jamais fait partie d’amicales patoisantes, il discute volontiers avec qui connait ce parler.
Eh bien moi, je m’appelle Denis Tschann et puis j’habite à Ravines* et puis j’ai appris le patois avec – mon père et puis mon grand-père surtout. *Montmelon, maintenant des – du Clos du Doubs. -
Patois de Rocourt
Elisabeth Mouhay (‑Vuillaume, 31.07.1946)
Joseph Mouhay (23.03.1940)
Enquête à Rocourt le 30 mai 2025 (78 & 85 ans).
Elisabeth et Joseph n’ont jamais quitté Rocourt, leur village d’origine, où ils étaient paysans.
Les parents d’Elisabeth parlaient patois entre eux et Joseph n’échangeait qu’en patois avec l’un de ses voisins.

Je m’appelle Elisabeth Mouhay, j’ai marié un paysan. À Rocourt, à Rocourt, je ne suis jamais – partie de Rocourt et puis mes parents quand ils se parlaient, ils parlaient patois ensemble et puis à nous, ils nous parlaient français. Je m’appelle Joseph, je viens de Rocourt, je suis originaire de Rocourt. (Avec qui avez-vous parlé patois ?) Avec mes parents – j’ai vécu avec mes parents – mes frères et sœurs, et puis qui, avec les voisins. -
Patois de Saulcy
Hubert Willemin (13.11.1937)
Enquête à Saulcy le 17 mars 2025 (87 ans).
Hubert est originaire de la commune de Saulcy, village qu’il n’a presque jamais quitté. D’abord paysan, il a ensuite été chauffeur de camions.

C’est avec son grand-père et les vieilles gens du village qu’il a appris le patois. Il a eu plus tard l’occasion de le pratiquer dans le conseil communal et lors de concours de chevaux.
Je viens de Saulcy, je m’appelle Hubert Willemin. Comment j’ai appris le patois, c’est surtout avec mon grand-père et puis les vieilles gens du village : je me souviens que le Charles Cerf, je n’ai jamais parlé en français avec lui. Quand – les premières années que j’ai été du conseil [communal], il fallait – savoir le patois, parce on ne comprenait pas tout. Et puis après cela, eh bien, c’est à peu près tout. 
Son épouse, Denise Willemin (‑Willemin, 07.11.1936), également originaire de Saulcy et présente lors de l’entretien, glisse parfois quelques mots. Ceux-ci, différant parfois du parler d’Hubert, ne le troublent pas pour autant.
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Patois de Sceut
Pierre Willemin (03.03.1939)
Enquête à Courroux le 16 mai 2025 (86 ans).
Bien qu’il soit originaire de Saulcy, Pierre est né à la ferme de Sceut-Dessous (Glovelier). Après avoir été paysan aux côtés de son père à la ferme de Glacenal (Glovelier), il a été employé de gare à Delémont et a emménagé à Courroux.

C’est surtout avec son père, né à Sceut, que Pierre échangeait en patois. Il lui arrivait également de discuter avec ses voisins et sa mère de Saint-Brais.
Je m’appelle Pierre Willemin, je suis né à Sceut, je faisais le paysan à Glacenal. Après, je me suis marié et puis je suis allé travailler aux chemins de fer à Delémont. Et puis j’ai appris le patois avec mon père qui venait de Sceut et qui s’appelait Constant. 
Son épouse, Paulette Willemin (‑Frossard, 14.01.1941), présente lors de l’entretien, glisse parfois quelques mots qu’elle se souvient avoir entendu dans son village d’enfance, les Pommerats.
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Patois de Séprais
Marcel Tabourat (16.09.1945)
Enquête à Séprais (Boécourt) le 28 novembre 2025 (80 ans).
Marcel est né et a grandi à Séprais, son village d’origine. Il a ensuite habité à Bassecourt et Berlincourt, avant de revenir s’installer dans la maison familiale. Il a fondé une entreprise d’électricité à Glovelier.

Son père ne parlait que patois avec ses parents, et il arrivait à Marcel de leur répondre dans la même langue.
Audio
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Patois de Soulce
Colombe Beuchat (-Crétin, 27.09.1937)
Enquête à Soulce le 19 juin 2025 (87 ans).
Colombe a toujours vécu à Soulce, sa commune d’origine. Ses parents étaient paysans et son mari menuisier.

Elle a entendu sa mère parler en patois à elle et ses frères et a l’habitude d’aller voir des pièces de théâtre en patois.
Je m’appelle Colombe. Je viens de Soulce, j’habite à Soulce, mes parents étaient à Soulce. Je parlais patois avec ma mère. Sylviane Humair → Courtételle
Denise Villat-Crétin (07.01.1941)
Enquête à Delémont le 21 février 2025 (84 ans). Enquête RTS le 17 octobre 2025.
La scierie de Bollement (Saint-Brais), où Denise est née, a appartenu à la famille jusqu’à leur déménagement à Saint-Brais. Après quelques années en tant qu’ouvrière dans une usine, Denise a emménagé à Courtételle avec son mari, puis à Delémont. Elle travaillait alors à domicile tout en s’occupant de leurs enfants.

Sa mère venait de Châtillon et son père de Soulce ; toute la famille conversait en patois. Denise a ensuite continué à pratiquer cette langue en chorale, au théâtre et en amicale. Elle a été présidente de l’Amicale des patoisants vadais pendant une dizaine d’années.
Je m’appelle Denise Villat-Crétin, je suis née à Bollement le sept du un quarante et un. Mon père était de Soulce, ma mère de Châtillon. J’ai appris le patois avec eux, un petit peu un mélange, et puis à la maison, nous parlions tous le patois ensemble. Je suis née donc à Bollement, c’était une scierie, une caisserie, un moulin, et puis il fallait faire travailler tout cela. J’ai parlé le patois ici au fond, à Delémont, dans la chorale des patoisants vadais : chaque année nous faisions une veillée avec des chants, du théâtre, des plaisanteries, et puis nous dansions après, c’était chaque année que nous faisions cela. J’ai été présidente une dizaine d’années et puis j’ai dû arrêté parce que je suis allée travailler et puis je n’avais plus le temps de m’occuper de cela. -
Patois de Vermes
Geneviève Schüttel (-Bindy, 01.03.1951)
Enquête le 20 novembre 2025 à Vermes (74 ans).
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Je m’appelle Geneviève, je suis de Vermes et puis j’ai appris le patois avec mes… mes grands-parents et mes parents. -
Patois des Genevez
Pierre Gogniat (01.03.1945)
Enquête à Fornet-Dessus (Lajoux) le 5 janvier 2025 (79 ans).
Né à Lajoux dans une famille originaire de la commune, Pierre a toujours vécu au village. Il a travaillé dans le domaine de la mécanique de précision.

Dans son enfance, il a principalement parlé le patois avec sa mère de Berlincourt (Bassecourt) et ses parrain et marraine des Genevez. Il l’emploie encore aujourd’hui pour quelques expressions et lors de pièces de théâtre.
Je m’appelle Pierre, Pierre Gogniat, je vis à Lajoux, aux Vacheries, et puis j’ai appris le patois avec ma mère qui venait de Berlincourt et puis mon parrain, ma marraine qui vivaient aux Bois-Rebetez, c’étaient des Dgenevézais. Voilà la formation que j’ai avec le patois. Et puis maintenant, je joue du théâtre avec une équipe – de patoisants des Franches-Montagnes et puis cela se passe bougrement bien ! Denis Gigandet (06.09.1926)
Enquête à Grandfontaine le 22 février 2025 (98 ans). Enquête complémentaire le 28 novembre 2025.
Originaire des Genevez, Denis y a vécu jusqu’à ce qu’il devienne en 1972 propriétaire des grottes de Réclère, où lui et sa famille ont emménagé. Il a exercé de nombreuses professions, allant d’infirmier à bucheron, coiffeur ou ouvrier. À l’âge de la retraite, il a vécu plusieurs années à Suarce (Territoire de Belfort) avant de revenir à Grandfontaine.

Avant de commencer l’école, il ne parlait que patois à la maison. Il se souvient ne rien avoir compris de ce que disait la régente lors de son premier jour. Très vite, le patois étant interdit et sa pratique sévèrement réprimandée, il a dû apprendre le français. Il échange aujourd’hui souvent des phrases en patois avec son épouse et ses enfants.
Je m’appelle Denis Gigandet. Je suis – venu au monde aux Genevez, je suis venu grand aux Genevez, je suis allé à l’école aux Genevez, je me suis marié aux Genevez. Eh bien oui ! Quand – je suis venu au monde, mes parents, mes grands-parents, mes grands-pères, quand ils venaient chez nous, ils parlaient patois. Nous, les enfants, – on ne demandait pas si on parlait autrement ailleurs, tout le monde – parlait patois. Et puis on s’y est mis, il y a des mots qu’on avait de la peine de comprendre, mais avec le temps, on a tout compris. Et puis – quand il venait – de la visite chez nous, ils se mettaient en patois, ils parlaient tout patois.
