Quand on affirme que le patois taignon est l’un des plus menacés de tout le canton, les réactions sont souvent incrédules : « Comment ça ? Il existe pourtant une amicale aux Franches-Montagnes qui organise chaque année des lôvrèes de patois. » Cette association, en effet très dynamique, tire la grande majorité de ses membres d’une petite région située à l’est de l’actuel district : la Courtine de Bellelay. Jusqu’en 1975, les deux communes qui la composent, Lajoux et les Genevez, faisaient partie du district de Moutier.
Situation linguistique
Linguistiquement, le parler de la Courtine est très différent de celui des Franches-Montagnes à proprement parler. C’est même entre ces deux régions que passe la frontière linguistique la plus marquée que l’on puisse trouver à l’interne du canton. Le patois de la Courtine, très proche du vâdais, dit par exemple môjon (maison), ôjé (oiseau), tyeûjenne (cuisine), ysûe (drap), yé (lit), djo (jour), loûe (eux/elles), i (elle), sorèye (soleil), pôerte (porte), saiyu (su), là où le taignon dirait plutôt mâzon, ôzé, tcheûsenne, lsûe, lé, djoué, lu, elle, soroiye, pôetche, saivu.
À vrai dire, il est même très difficile de trouver un trait propre à la fois à la Courtine et aux Franches-Montagnes, sans qu’il soit partagé ailleurs : les deux régions ne forment presque jamais un ensemble cohérent. Un peu plus au nord, le taignon est en contact avec le patois des Clos-du-Doubs, dont font déjà partie Saint-Brais et Soubey. Surprenamment, c’est avec le plateau de Maîche et Damvant que le parler taignon a le plus d’affinités.
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