Patois de Corban

Étienne Joliat (06.09.1932)

Enquête à Courrendlin le 12 juin 2025 (92 ans). Enquête complémentaire le 31 mars 2026.

Bien qu’il soit originaire de Courtételle et qu’il ait passé la majeure partie de sa vie à Courrendlin, où il était maitre secondaire, Étienne est né et a grandi à Corban. Il parle couramment l’allemand et l’italien et a des bases en anglais.

Son père était de Corban, sa mère de Courtételle : ils parlaient patois entre eux et avec leurs enfants, mais ces derniers répondaient en français.

Eh ben je suis l’Étienne Joliat, je suis né à Corban dans le Val Terbi. J’ai vécu là pendant une dizaine d’années et puis après je suis parti à l’institut – je suis parti pour faire mes études, j’ai fait ma maturité en allemand. Et puis après j’ai été à l’université à Neuchâtel et puis à Berne et puis après j’ai été aussi en Italie, aussi à Heidelberg et puis j’ai été un peu en Angleterre. Et puis après je suis venu ici à Courrendlin et j’ai enseigné à l’école secondaire pendant trente-cinq ans. Et puis, ma foi, voilà, maintenant, je suis à la retraite et puis je suis encore en bonne santé. Et puis j’aime encore apprendre bien des choses.
Mon père était de Corban, ma mère venait de Courtételle. Moi, avec mes parents, comme je vous ai dit ce matin, mes parents me parlaient en patois, mais nous répondions en français. Je ne me souviens pas que j’ai dit un mot en patois à mes parents. C’était comme ça hein. Et puis après, il faut dire quand même que le patois a été beaucoup condamné. Avant qu’on soit jeunes, nous, il a été condamné à l’école : ceux qui parlaient patois à l’école, ils étaient punis ! Mais il y avait, moi j’ai encore des parents, des cousins qui ne savaient pas le français quand ils sont allés à l’école : au Mairâ, ils savaient le patois, mais il ne savait pas un mot de français !